Où se trouve donc les tweeteurs de #educattentats ?

Written by: Spencer Greenhalgh

Primary Source:   Spencer Greenhalgh

J’ai commencé mes études de la langue française en septembre 2001, le mois de l’attentat au World Trade Center dans mon pays natal des États-Unis. Je n’ai jamais associé ces deux évènements, mais si les attaques du 13 novembre m’ont particulièrement touché, c’est peut-être parce que je suis devenu conscient de la beauté du français à peu près au même moment que je suis devenu conscient de la laideur du terrorisme.

Maintenant, j’étudie les TICE—y compris Twitter—en tant que doctorant au Michigan State University, et c’est donc avec beaucoup d’intérêt que j’ai découvert le hashtag #educattentats. Je l’ai trouvé une belle réponse aux attentats et un bel exemple de comment les profs et les instructeurs peuvent se servir des technologies comme Twitter pour avancer leur travail. Depuis avoir découvert le hashtag, je me sers d’un TAGS (Twitter Archiving Google Sheet, c’est–à–dire un tableur qui collectionne des tweets) pour collectionner ces tweets et pour en apprendre un peu. Comme première étape, je me suis demandé où se trouvent ces tweeteurs qui emploient ce hashtag.

Bon ben, voici ce que j’ai trouvé:

worldMapCropped

Ce n’est pas donc trop étonnant: On voit beaucoup de points en France, ailleurs en Europe, un peu au Québec et aux États-Unis (y compris un point pour moi, au Michigan), mais il y a quand-même beaucoup de soutien pour ce hashtag partout dans le monde.

Concentrons-nous ensuite uniquement sur l’Hexagone :

FrancePlot

Encore, il n’y a rien d’étonnant ici. Il y a une grande concentration de tweeteurs en Île-de-France, ce qui est bien logique vu que les attentats ont eu lieu à Paris et qu’une grande partie de la population de la France y habite. Il y a d’autres concentrations près de Bordeaux, Toulouse, et Marseille, d’autres grandes villes de la France, et on voit aussi les preuves d’un intérêt général au hashtag partout en France.

Ces cartes sont peut-être intéressantes, mais ce ne sont qu’un commencement. J’espère « creuser » plus profondément dans les données associées avec ces tweets pour trouver la réponse à plus de questions. Qui sont ces tweeteurs? Surtout des profs? Comment ce hashtag s’est-il répandu au fil des heures et jours après sa création ?

Plus importamment, peut-être, comment suis-je arrivé à ces conclusions-ci ? Bon, je ne suis pas habitué à parler des recherches et de la programmation en français, ce qui m’empêche un peu. Dans les jours à venir, je compte expliquer dans ma langue maternelle les détails du processus que j’ai suivi pour arriver à ces résultats. Mais c’est aux Francophones que je dois d’abord un petit résumé:

D’abord, voici le code que j’ai écrit (avec le langage de programmation « R ») pour faire ceci. J’ai basé ces résultats sur les tweets collectionnés entre le matin du 14 novembre, peu après les attentats, et l’après-midi du 18 novembre. Ensuite, j’ai identifié tous les tweeteurs qui ont soit composé un tweet avec ce hashtag soit « retweeté » un de ces tweets. Chacun de ces tweeteurs—peu importe le nombre de ses tweets—est representé par un point sur la carte.

Pour identifier l’endroit où mettre chaque point, la solution idéale, c’est d’identifier des tweets avec des géotags. Pourtant, il y a peu de tweeteurs qui se servent des géotags—en fait, aucun des tweets que j’ai collectionnés n’est associé avec un géotag, ce qui pose des problèmes évidents pour apprendre où se trouvent ces tweeteurs. Heureusement, la plupart des tweeteurs identifient sur leur profil d’utilisateur un endroit où ils se trouvent. Donc, pour chaque tweeteur, mon code a identifié l’endroit mentionné dans son profil. Puis, il s’est servi de l’interface du programmation de Google Maps pour « traduire » cet endroit écrit en latitude et longitude. Ce sont ces coordonnées qui ont déterminé où mettre chaque point.

Il y a, bien sûr, quelques problèmes avec les stratégies que j’ai employées. D’abord, il n’y a aucune garantie que l’endroit mentionnée dans un profil Twitter soit véritablement où se trouve cette persone. Deuxièmement, il y a certains endroits que Google Maps n’arrive qu’avec difficulté à « traduire ». C’est surtout le cas pour ceux qui mettent un code départment—alors que quelqu’un qui connaît bien la France saisit assez bien le sens de ces deux chiffres, Google Maps a une tendance de les mal comprendre.

Pourtant, je trouve que c’est un beau commencement. Des tweets représentent beaucoup de données, et ça fait du bien de savoir qu’on peut en apprendre quelque chose sur les profs, les TICE, et la France. Un hashtag comme #educattentats mérite bien de l’attention, et dans les semaines à venir, j’espère y prêter plus de la mienne.

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Hi there! My name is Spencer Greenhalgh, and I am a student in the Educational Psychology and Educational Technology doctoral program at Michigan State University. I came to Michigan State University with a strong belief in the importance of an education grounded in the humanities. As an undergraduate, I studied French and political science and worked as a teaching assistant in both fields. After graduation, I taught French, debate, and keyboarding in a Utah private school before coming to MSU, where I plan to study how technology can be used to help students connect the humanities with their lives. I have a particular interest in the use of games and simulations to promote ethical reasoning and explore moral dilemmas, but am eager to study any technology that can help students see the relevance of studying language, culture, history, and government.